L'histoire de Rambucourt

 

 

Du XIe au XVIIIe siècle : France ou Saint Empire Romain Germanique ?

Le nom de Rambucourt est mentionné pour la première fois en 1060 dans la charte de confirmation de la fondation du prieuré d'Apremont-la-Forêt. Il est ensuite cité en 1103 dans le cartulaire de Gorze (en Moselle), puis en 1152 dans une donation à l'abbaye de Rangéval.

A l'origine, Rambucourt, situé dans le Barrois mouvant, ne devait pas allégeance au Roi de France mais à l'Empereur du Saint Empire Romain Germanique. Le village fait tout d'abord partie du baillage de Pont-à-Mousson puis de Saint-Mihiel. Le baillage est l'échelon intermédiaire entre le Parlement (de Nancy pour Rambucourt) et la Prévôté (de Mandres-aux-Quatre-Tours) où s'exerce la justice locale. Le village est dans la coutume de Saint-Mihiel. La coutume est le droit né de l'usage.

Jusqu'au XVIIIe siècle, Rambucourt fera partie tantôt du Royaume de France, tantôt du Saint Empire Romain Germanique :

 

1552 : les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun sont occupés par Henri II et placés sous tutelle française jusqu’à leur annexion définitive par la France en 1648 en vertu des Traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente Ans.

 

1652 : Henri II, Roi de France, met les évêchés de Metz, Toul et Verdun sous protectorat.

 

1697 : à la fin de la guerre entre l'Empire Germanique et la France, le Traité de Ryswick enlève la Lorraine à Louis XIV et la restitue à son duc légitime, Léopold de Lorraine, fils de Charles V.

 

1733 : la France reprend le contrôle des duchés de Bar et de Lorraine.

 

1736 : François III épouse Marie Thérèse de Habsbourg et doit renoncer à la Lorraine. Deux ans plus tard, il cède le duché, à titre viager, au roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV qui avait épousé sa fille Marie Lesczynska.

 

1766 : à la mort de Stanislas, dernier duc de Bar et de Lorraine, la France reprend possession du duché de Lorraine.

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XVIIIe - début XIXe siècle : Rambucourt en France

1790 : la France est divisée en départements. Rambucourt fait partie du département de la Meuse, du district de Saint-Mihiel et du canton de Bouconville.

1799 : après remaniement, Rambucourt dépend du canton de Saint-Mihiel et de l'arrondissement de Commercy.

1804 : Napoléon Ier est sacré empereur. Trois enfants de Rambucourt (Henry SALZARD, Jean RIMBERT et Claude HOLLIER) laisseront leur vie dans ses armées.

1832 : une épidémie de choléra fait 4581 décès en Meuse. A Rambucourt, le nombre de décès est le double de la moyenne.

 

                               Rambucourt avant et après la guerre

 En 1923, il est décidé d'ériger un monument aux morts ; sur son soclesont gravés les noms des enfants de Rambucourt morts pour la France. Le monument sera inauguré par Raymond POINCARE en 1926.

 

L'affaire criminelle de 1901

En avril 1901, l'Est Républicain publie l'article suivant :

"Après le double assassinat des Paroches, que nous avons annoncé et dont les auteurs sont encore inconnus, voici qu'un second crime vient d'être commis dans le canton de Saint-Mihiel.
A Rambucourt, petite commune de 354 habitants, située à 17 kilomètres de Commercy et à 48 de Bar-le-Duc, le nommé Lanèque Joseph Constant, âgé de 43 ans, cantonnier, a été assassiné dans son lit jeudi dernier, vers 9 heures du soir, mais ce crime n'a été découvert que vendredi matin.
La victime a été frappée pendant son sommeil d'un coup de tête de hache qui a déterminé des fractures multiples de la région temporale gauche et des lésions intracrâniennes ayant amené une mort instantanée.
Sa femme contre laquelle pèsent des charges très graves, a été arrêtée par la gendarmerie et mise à la disposition de la justice.
Ce crime n'aurait d'autre mobile que la haine de cette femme contre son mari. Du reste, cette femme a mis de suite M. Tisserand, chef cantonnier à Gironville au courant de ce drame.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 3 heures du matin, elle arrivait à Gironville et frappait à sa porte. Monsieur Tisserand se leva, la femme Lanèque lui raconta qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire chez elle, et qu'elle avait dû fuir après avoir entendu crier dans sa maison.
M. Tisserand frappé des propos incohérents que lui tenait sa visiteuse matinale, dit à sa femme de la retenir à la maison, pendant qu'il allait s'informer à Rambucourt.
Arrivé au domicile de Lanèque, il trouva ce dernier dans une mare de sang ; le malheureux avait la tête fracassée.
M. Tisserand informa les voisins du crime qu'il venait de constater, puis revint en toute hâte à Gironville, où il mit le maire au courant de sa funèbre découverte.
La femme Lanèque fut arrêtée aussitôt.
Le parquet de Saint-Mihiel s'est rendu sur les lieux vendredi, dans l'après-midi, pour procéder à une enquête."

Alphonsine Lanèque sera condamnée à huit années de travaux forcés.
Elle décèdera le 19 juin 1904 à Reims à l'âge de 39 ans.

 

Fin XIXe - XXe siècle : la Lorraine entre France et Allemagne

1870-1871 : suite à la dépêche d'Ems, la guerre est déclarée et une partie de la Lorraine devient allemande.

1914-1918 : première guerre mondiale. Rambucourt paie un lourd tribut : les 327 habitants du village sont évacués ou partent à la guerre. 20 enfants du village donneront leur vie pour défendre leur pays et le village sera détruit en grande partie (122 bâtiments sur 127 sont complètement détruits ou très endommagés). Le château de Rambucourt abritera des soldats ; il sera très endommagé pendant cette guerre et la partie détruite ne sera pas reconstruite.

 

Le Général Fonde

La rue principale de Rambucourt porte le nom de "Rue du Général Jean Julien FONDE", mais qui était-il ?

Jean Julien FONDE naît le 23 juin 1908 à Rambucourt. En 1920, il passe le concours d'entrée à l'Ecole Normale de Commercy. Bien que nommé instituteur à Tronville en 1926 et à Bouligny en 1928, il choisit de faire une carrière militaire :

  • à partir de 1927 : il effectue son service légal comme soldat, caporal et sous-lieutenant de réserve au Maroc et en Tunisie.
  • 1929 : stage d'activité renouvelable.
  • 1931 : il entre à Saint-Maixent.
  • 1933 : il retourne en Tunisie.
  • 1934 : il sert au Sénégal et en Mauritanie. Il assume les responsabilités civiles et militaires de Chef de Subdivision dans le Tagant et l'Adrar mauritaniens.
  • 1942 : il commande au Maroc une compagnie de tirailleurs sénégalais au moment du débarquement américain du 8 novembre. Il passe ensuite au Corps Franc d'Afrique et aux Forces Françaises Libres, puis à la 2e DB en formation.
  • Puis il commande la 7e compagnie du 2e Bataillon de Régiment de Marche du Tchad.
  • 1944 : il commande le détachement qui embarque le matériel blindé chenillé à Casablanca. Sa compagnie participe ensuite à la bataille de France en Normandie, lors de laquelle Fonde sera gravement blessé.
  • Le 25 décembre 1944, le Général DE GAULLE le fait Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur au nom de la France.
  • Par la suite, il sert d'instructeur à la compagnie FFI puis d'adjoint au Général MASSU à La Frimbolle.
  • 1945 : il commande un détachement mixte chars/infanterie du sous-groupement GRIBIUS, au cours des combats d'Obersaasheim.
  • Il est ensuite promu Chef de Bataillon et affecté à l'Etat-Major du Général LECLERC.
  • A peine revenu d'Allemagne, il part en Indochine en tant que Chef d'Etat Major du Groupement de Marche de la 2e DB. Il se distingue et devient le Chef de la Délégation Française de la Commission franco-vietnamienne de liaison et de contrôle.
  • 1950 : il devient lieutenant-colonel.
  • 1952 : l'Ecole de guerre lui vaut le brevet d'études militaires supérieures.
  • Il repart ensuite en Indochine où il obtient une citation à l'ordre de l'Armée comme Commandant du groupe mobile n°4 au Nord Vietnam.
  • 1955 : il devient colonel, puis de l'Etat Major des Forces Armées à partir de 1956.
  • 1959 : il arrive en Algérie et obtient une citation à l'Ordre de l'Armée.
  • 1961 : il est au Centre des Hautes Etudes militaires et à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale.
  • 1963 : promu Général de Brigade, il commande les forces terrestres de Mers el Kébir.
  • 1964 : adjoint au Commandant de région à Lille. Il prend ensuite le commandement du Groupe des Antilles/Guyane et est promu Général de Division.
  • 1967 : il est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur au nom de la France par le Général DE GAULLE. (photo)
  • 1968 : alors qu'il est conseiller pour l'Outre-mer auprès du Général Chef d'Etat Major de l'Armée de Terre, il atteint la limite d'âge et entame alors une carrière d'écrivain chroniqueur militaire.

Il décède à Paris le 3 septembre 1983. Sur proposition de M. Robert BOTTIER, maire, le Conseil municipal de Rambucourt décide de donner le nom du Général Jean Julien FONDE à la Grande Rue de la commune. Le 23 juin 1984, date anniversaire de sa naissance, a lieu la cérémonie dévoilant la plaque qui porte le nom du Général en présence de nombreuses personnalités.

 

       La paroisse

        Le patron de la paroisse est Saint Martin, né vers 316 en Hongrie.

       La première église

Située dans le bas du village, la première église de Rambucourt avait un chœur voûté daté du XVIe siècle et modifié deux siècles plus tard en même temps que la nef et le portail.

Une nouvelle cloche est bénie en 1737, puis deux autres en 1755.

Après quelques travaux réalisés au début du XIXe siècle, le curé de Woinville, M. LOMBARD, la visite en 1825 et la décrit comme étant "dans le goût moderne ; elle forme un très beau vaisseau, vaste, élevé, bien éclairé. Le chœur en demi rotonde régulière et orné d'un autel en marbre taillé dans le bon style, offre quelque chose de majestueux. Cet ensemble en fait une des belles églises du diocèse."

Plusieurs travaux sont entrepris par la suite :

  • réfection de la flèche du clocher et réparation de la toiture du presbytère en 1828

  • réparation du clocher et des cloches en 1854

  • réparations dans l'église et dans le presbytère en 1859

  • nouvelles réparations dans l'église et dans le presbytère en 1897

Suite à une plainte, un nouveau cimetière est construit en 1908, à l'emplacement que nous connaissons actuellement.

L'église est très endommagée au cours de la première guerre mondiale et il est alors décidé de ne pas la reconstruire.

 Une chapelle provisoire en bois est érigée après le retour des habitants, puis une chapelle en maçonnerie. Celle-ci sert aujourd'hui de salle de fêtes.

 

L'église actuelle

La construction de la nouvelle église est décidée en 1922, sur l'emplacement de la maison DOUZAIN détruite pendant la guerre. La consigne donnée à l'entrepreneur est d'utiliser les matériaux sauvés provenant de l'ancienne église. Le seul vestige restant de la première église est un Christ en croix.

En 1929 débutent les travaux de décoration intérieure dirigés par Pierre DUBOIS et Paul Emile BORDUAS.

 

 

      Le contenu de cette rubrique "Histoire" est directement inspiré de l'ouvrage Rambucourt

    Meuse et ses familles de 1732 à 1908 écrit par Danielle BUZENET et publié en 2008.

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